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L’inexcusable timidité du gouvernement belge face à Israël et l’emprisonnement d’un de ses citoyens

Le surréalisme était autrefois l’apanage des peintres en Belgique. Aujourd’hui, même les diplomates du pays semblent l’avoir maîtrisé. Car il y a quelque chose de surréaliste dans la façon dont ils utilisent le personnage de bande dessinée Spirou, en tant que défenseur des droits de l’homme, tout en refusant de défendre un artiste belge, un être bien réel celui-ci, dont les droits de l’homme sont bafoués par Israël.

Mustapha Awad, éminent représentant de la danse traditionnelle palestinienne, le dabke, a été arrêté par les autorités israéliennes en juillet dernier. Awad est un Palestinien de nationalité belge. Pourtant, le gouvernement belge pratiquement gardé le silence sur son maintien en détention.

Le silence a finalement été brisé la semaine dernière. Didier Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères, a tweeté que l’assistance consulaire a été fournie à Awad et qu’il avait été demandé à Israël de clarifier les accusations portées contre lui. Des tweets d’une timidité inexcusable :

Les allégations d’Israël selon lesquelles Awad appartiendrait à une organisation « terroriste » ont été catégoriquement rejetée par son équipe juridique. Les autorités israéliennes n’ont présenté aucune preuve crédible contre Awad, ainsi que l’a reconnu Reynders.

Mustapha Awad est un Palestinien qui n’était jamais allé en Palestine auparavant. Âgé de 36 ans, il est né à Ein al-Hilweh, un camp de réfugiés au Liban. La Belgique a reconnu son statut de réfugié à l’âge de 20 ans. Israël l’a arrêté cet été alors qu’il tentait d’entrer en Cisjordanie occupée via la Jordanie.

Mauvais traitements

Si la Belgique prend son devoir de protéger tous ses citoyens au sérieux, le gouvernement doit exiger la libération immédiate et inconditionnelle d’Awad.

L’affirmation de Reynders, par Twitter interposé, selon laquelle la Belgique fait tout ce qu’elle peut ne résiste pas à l’examen. Il a fallu presque trois semaines avant qu’un diplomate belge aille voir Awad en prison. Awad n’a pas pu entrer en contact avec sa famille ou avec ses amis. Selon ses avocats, Awad a été maltraité, notamment par privation de sommeil.

Reynders a réagi plus rapidement quand un autre citoyen belge, Amaya Coppens, a été arrêté au Nicaragua, où elle aussi a été accusée de terrorisme.

Alors qu’il a attendu deux mois et demi avant de faire tout commentaire public sur l’affaire Awad, Reynders a exprimé son malaise à propos de la situation de Coppens dans les deux jours suivant son arrestation. Et il a tenu à discuter de la question avec des représentants du Nicaragua lors de sa visite à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies.

Charles Michel, le Premier ministre belge, s’est fait photographier serrant la main de son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, au cours de la même réunion. Rien n’indique que Michel ait profité de l’occasion pour faire pression pour la libération d’Awad.

https://twitter.com/IsraelinBelgium/status/1045206782975651841

Pourquoi le gouvernement belge adopte-t-il des attitudes si différentes dans les deux affaires ?

Sous la présidence de Daniel Ortega, le Nicaragua entretient des relations tendues avec l’Occident. Les affrontements avec l’administration de gauche à Managua ne présentent aucun coût politique ou économique majeur pour la Belgique.

Double standard

À l’inverse, la Belgique se vante de ses relations cordiales avec Israël. Parfois, les diplomates belges vont même jusqu’à louer les musiciens de leur pays qui apportent une «grande ambiance» quand ils jouent Tel Aviv. Cet éloge insensé ne tient pas compte du fait que ces musiciens ont refusé de répondre à l’appel palestinien au boycott d’Israël.

La Belgique et Israël sont des partenaires commerciaux importants. Anvers – la deuxième ville de Belgique – et Tel-Aviv sont des acteurs importants du commerce mondial du diamant, grâce à une interaction étroite entre les deux.

https://twitter.com/BelgiuminIsrael/status/1044339281433628672

Plus de 40% de tous les produits israéliens importés en Belgique en 2017 sont constitués de métaux précieux et pierres précieuses. L’armée belge est également un client de la société d’armement israélienne Elbit Systems.

L’année dernière, la Belgique a brièvement indiqué qu’elle serait peut-être disposée à se comporter avec un peu moins de déférence envers Israël. Elle a pris les devants parmi un groupe de pays de l’UE en protestant contre les destructions causées par Israël à des projets d’aide qu’ils avaient financés en Cisjordanie occupée.

La protestation a fait long feu, parce que la Belgique ne l’a pas accompagnée de menaces de sanctions ou de poursuites judiciaires. De manière prévisible, Israël a continué à vandaliser des écoles palestiniennes financées par les contribuables européens.

C’était un assaut vicieux contre le droit à l’éducation [des enfants palestiniens]. Cependant, plutôt que de contester l’agression israélienne, la Belgique punit les Palestiniens. La Belgique a annoncé en septembre qu’elle avait coupé le financement des écoles administrées par l’Autorité palestinienne. Ce faisant, la Belgique a capitulé sous la pression de lobbyistes pro-israéliens qui ont objecté qu’une école portait le nom d’un combattant de la résistance palestinien.

Israël attribue de manière habituelle le nom de criminels de guerre à ses rues et à ses institutions, et continue de célébrer ouvertement les terroristes qui ont bombardé le l’Hotel King David à Jérusalem en 1946. Cette violence n’a jamais été un obstacle au soutien de la Belgique à l’État israélien.

La Belgique étant une société multiculturelle, elle devrait être fière de Mustapha Awad. Il a dirigé la troupe Ra’jeen Dabke avec beaucoup d’enthousiasme. Je me souviens du sourire radieux qu’il a eu à la fin d’une performance entraînante du groupe dans une université bruxelloise, plus tôt cette année.

Le refus de Didier Reynders d’exiger la libération d’Awad relève du double standard et, très probablement, du racisme.

Le ministère belge des Affaires étrangères suit un scénario qui ressemble à celui de «Animal Farm» de George Orwell. Tous les citoyens sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres.

David Cronin                


Cet article de David Cronin a été publié sur Electronic Intifada le 16 octobre 2018, sous le titre «Belgium refuses to demand release of citizen jailed by Israel» – Traduction : Luc Delval pour www.pourlapalestine.be

 

Nicaragua – Israël : deux poids, deux mesures ? Les cas d’Amaya Coppens et de Mustapha Awad

Carte Blanche paru sur Le Vif, le 9/10/2018

Lundi 10 septembre, Amaya Coppens, une jeune étudiante en médecine belgo-nicaraguayenne, était arrêtée dans la ville de Leon, au Nicaragua, par la police locale. Elle était engagée dans le Mouvement étudiant du 19 avril, fer de lance de la contestation du régime de Daniel Ortega. Les chefs d’accusation utilisés pour justifier sa détention ont été rapidement connus : terrorisme, port d’arme illégal, incendie criminel, séquestration, tous fermement rejetés par les proches d’Amaya. Son père note en effet que les accusations de terrorisme sont, dans le cadre de la répression du régime, utilisées abusivement, y compris pour les rassemblements les plus pacifiques. Amaya, ajoute son père, est « très motivée par la lutte contre l’injustice et contre l’autoritarisme » du régime en place

Deux jours après son arrestation, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, intervenait en personne, afin de faire savoir que «s’il n’arrivait pas à avoir un contact efficace dans les jours qui venaient, il prendrait évidemment aussi contact avec son collègue (homologue) nicaraguayen au moment de l’Assemblée générale des Nations unies». C’est effectivement ce qu’il a fait, après que les autorités consulaires avaient préalablement obtenu une rencontre entre la jeune fille et son père. Celle-ci fut brève, certes, mais on peut imaginer le soulagement qu’elle a pu procurer à Amaya, et l’influence positive qu’elle a pu avoir sur son moral ainsi que sur celui de ses proches.

En ce moment, Amaya est encore dans l’incertitude quant à son sort, mais le vice-Premier ministre Reynders a, vendredi dernier, déclaré que «si les déclarations qui lui avaient été faites étaient correctes », il avait «l’impression qu’Amaya serait l’une des premières prisonnières à être libérées».

Mustapha Awad a, quant à lui, été arrêté par les forces armées israéliennes le 19 juillet dernier, soit il y a plus de deux mois, à la frontière jordano-palestinienne, après plusieurs heures d’interrogatoire. Ce jeune artiste et travailleur belge d’origine palestinienne a lui aussi été accusé de terrorisme par l’État israélien, bien qu’il n’ait jamais mis les pieds en Palestine ni en Israël auparavant, et qu’il soit lui aussi connu en Belgique pour son engagement citoyen en faveur des droits humains. Les chefs d’accusation qui lui étaient imputés ont été dissimulés un long moment, et plusieurs semaines se sont écoulées avant que Mustapha ne les apprenne. Il a également rapporté avoir été victime de mauvais traitements. Mustapha n’a pu voir son avocat que 20 jours après son arrestation en même temps que le consul, qui n’a pu lui rendre visite que deux fois depuis son arrestation. Tout contact avec ses proches lui a été refusé, la justice israélienne prétextant des raisons de «sécurité».

Notre ministre des Affaires étrangères est resté étrangement silencieux sur le cas de Mustapha, et on attend encore une prise de position officielle de sa part condamnant les traitements inhumains auxquels il est soumis. Au vu des conditions floues de son arrestation et des techniques illégales d’interrogatoire utilisées contre lui, sa libération immédiate devait être réclamée.

Au surplus, il est à noter qu’Amaya possède la double nationalité belgo-nicaraguayenne, ce qui complique théoriquement les efforts entrepris par notre corps diplomatique pour sa libération. Mustapha, lui, est exclusivement citoyen belge. Il s’ensuit qu’Israël ne retient donc pas dans ses prisons un de ses ressortissants ou même un ressortissant palestinien, mais bien un ressortissant étranger, en l’occurrence, un Belge. Si la diplomatie belge, et en particulier son chef, ne réagissent pas avec la plus grande fermeté pour Mustapha, chacun d’entre nous serait désormais en droit d’estimer qu’en cas d’arrestation arbitraire dans un pays quelconque, il ne trouverait aucun soutien auprès des autorités belges. Ce serait là un dangereux précédent que nous ne pouvons accepter.

Amaya et Mustapha. Deux ressortissants belges dans des situations similaires mais dont la prise en charge par nos services diplomatiques diverge considérablement jusqu’au plus haut niveau. Tout à fait louable, voire exemplaire dans un cas, partielle et imparfaite, voire inexistante dans l’autre. Nous sommes en droit de demander que soit respectée l’égalité entre chacun et chacune de nos citoyens, y compris hors de nos frontières.

L’engagement de la Belgique pour les droits de ses ressortissants à l’étranger ne peut être tributaire des intérêts géopolitiques ni des calculs diplomatiques liés à la nature du pays en face, que ce soit le Nicaragua ou Israël. Nous demandons donc à notre ministre des Affaires étrangères Didier Reynders de se positionner publiquement en faveur du respect du droit et de la libération de Mustapha auprès des autorités israéliennes comme il l’a fait pour Amaya auprès des autorités nicaraguayennes.

Ludo Abicht, professeur à l’Université d’Anvers
Marc Abramowicz, fondateur du centre Aimer à l’ULB
Mateo Alaluf, professeur honoraire à l’ULB
Karel Arnaut, professeur d’anthropologie à la KULeuven
Jos Beni, enseignant honoraire
France Blanmailland, avocate
Johannes Blum, enseignant à la retraite
Francine Bolle, maître de conférence ULB
Jean Bricmont, professeur émérite de l’UCL
Fabienne Brion, professeur à la Faculté de droit et de criminologie de l’UCLouvain
Gregorio Carboni Maestri, maître de conférences invité, UCLouvain ; enseignant en projet d’architecture, ULB
Lucie Cauwe, journaliste
Marie-Christine Closon, professeure emérite UCL en Economie de la santé
Michel Collon, auteur et journaliste d’investigation
Hélène Crokart, avocate
Ludo De Brabander, porte-parole Vrede asbl
Lieven De Cauter, philosophe, historien de l’art et auteur, RITCS, school of arts, & department of Architecture KULeuven
Herman De Ley, professeur émérite à l’Université de Gand
Marc David, professeur émérite à l’Université d’Anvers
Paul Delmotte, professeur retraité de l’IHECS, Bruxelles
Jean-Marie Dermagne, avocat et ancien bâtonnier à Louvain-la-Neuve
S
erge Deruette, professeur de sciences politiques à l’Université de Mons
Alexis Deswaef, avocat au Barreau de Bruxelles et président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme
Ruddy Doom, professeur émérite à l’UGent
Charles Ducal
, écrivain
Baudouin Dupret, CNRS/UCLouvain
Fabrice Eeklaer, secrétaire fédéral CSC Charleroi-Sambre & Meuse
El Battiui Mohamed,
ancien président de l’Assemblée Mondiale Amazigh
Pierre Galand,
ancien sénateur
Michel Gevers,
professeur émérite à l’UCLouvain
Pierre Gillis,
professeur à l’UMons
Corinne Gobin,
politologue à l’Université libre de Bruxelles
Johan Grimonprez,
artiste et cinéaste
Gwenaelle Grovonius,
députée fédérale et conseillère communale PS à Namur
Mejed Hamzaoui,
président de la filière Master en sciences du travail à l’ULB
Kristien Hemmerechts,
écrivaine
Hilde Heynen,
professeur à la KULeuven, département architecture
Wouter Hillaert,
journaliste et porte-parole de Hart boven Hard
Perrine Humblet,
professeure honoraire ULB
Heinz Hurwitz,
professeur émérite à l’ULB
David Jamar,
sociologue Umons
Marc Jacquemain,
professeur à l’ULiège
Gabrielle Lefèvre,
journaliste
Vincent Legrand,
professeur à l’UCLouvain
Marc Lenaerts,
professeur à l’ULB et à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles
Madeline Lutjeharms,
professeure émérite à la VUB
Frédéric Ligot,
secrétaire politique du Mouvement Ouvrier Chrétien
Paul Lootens,
ancien président de la Centrale générale FGTB
Victor Matteucci, Mediter –Réseau euro-méditerranéen pour la cooperation
Xavier May, chercheur à l’ULB
Anne Morelli,
professeure émérite à l’ULB
Jan Orbie,
directeur Centre for EU Studies (CEUS), Dept of Political Science, à l’UGent
Rosa-Rosso Nadine,
enseignante
Ryckmans Hélène,
députée ECOLO au Parlement wallon et au Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, sénatrice
Christiane Schomblond,
professeure émerite ULB
Dominique Surleau,
secrétaire générale de Présence et Action Culturelles
Dirk Tuypens,
acteur
Dirk Vandermaelen,
président de la Commission des Affaires étrangères, député fédéral SP.a
Claude Veraart, professeur émérite à l’UCL
Véronique Vercheval, photographe
Erik Vlaminck,
auteur, président du PEN-Vlaanderen
Luk Vervaet,
ancient enseignant dans les prisons
Dominique Willaert, Victoria Deluxe
Karim Zahidi,
philosophe à l’Université d’Anvers

Belle mobilisation pour Mustapha Awad à ManiFiesta

Une équipe motivée d’une vingtaine d’ami.e.s de Mustapha Awad a accueilli ce WE les participants de ManiFiesta dans la tente « Free Mustapha » « Boycott Israël » pour demander la solidarité pour Mustapha, détenu en Israël depuis le 19 juillet.

Des centaines de personnes ont signé la pétition, parmi lesquelles 11 organisations belges, 6 organisations internationales et de nombreuses personnalités, d’ici et d’ailleurs. Des dizaines et des dizaines de personnes ont accepté d’être photographié avec l’affiche.

Quand Raj’een danse pour Mustapha

Le groupe de danses palestiniennes traditionnelles Raj’een Dabkeh Group, dont Mustapha est cofondateur, s’est produit le samedi et, le dimanche, Rana et Basel ont répété l’opération. Leurs performances ont contribué fortement à la collecte d’argent.

1.029,05 euros, c’est le formidable résultat de la collecte et de la vente d’artisanat pour payer la défense juridique de Mustapha en Israël (dont le coût est de 15.000 €).
C’est aussi le résultat du soutien et de la générosité de centaines de sympathisants solidaires qui réclament la libération de Mustapha.

Mustapha est un travailleur, le mouvement ouvrier le défend

La FGTB de Charleroi, solidaire avec Mustapha

Mustapha, métallo, travaille à Volvo Gand. Après les signatures récentes de la CSC Charleroi-Sambre & Meuse, du MOC Charleroi-Thuin, de la FGTB/ABVV nationale, de la FGTB wallonne, de Vie Féminine, de la JOC, les représentants de la Centrale Générale de la FGTB et de la FGTB Métal de Charleroi, ainsi que la LBC – NVK (l’équivalent de la CNE-GNC) ont également posé leur signature. Plusieurs autres syndicalistes se sont fait prendre en photo pour réclamer la libération de Mustapha.

Et si Mustapha était détenu en Iran ?

Le cinéaste et écrivain Eyal Sivan pour la libération de Mustapha

Eyal Sivan, cinéaste et écrivain israélien, qui suit depuis la France ce qui se passe avec Mustapha, nous livre le commentaire suivant :

« Avec cette arrestation, les Israéliens « testent » jusqu’où ils peuvent aller avant que la Belgique n’intervienne. »

Mustapha, né dans un camp de réfugiés au Liban, est venu en Belgique en tant que réfugié et a obtenu la nationalité belge.

Il reçoit une assistance consulaire mais, comme le disait Alexis Deswaef, mandaté par la Ligue des Droits de l’Homme pour accompagner le Comité Free Mustapha, dans une interview à la RTBF : 

Anne Morelli, ancienne professeure de l’Université libre de Bruxelles et historienne belge, spécialisée dans l’histoire des religions et des minorités

« La moindre des choses, c’est que la Belgique obtienne de la part des autorités israéliennes des explications sur les motifs de cette arrestation, et de cette détention.

Et que des comptes soient rendus par rapport à ce qui nous revient comme conditions d’interrogatoire : plus d’une vingtaine d’heures d’auditions, privation de sommeil et de nourriture, mauvais traitements… Ce sont clairement des traitements inhumains équivalents à la torture, et il est absolument inacceptable que les autorités israéliennes agissent de la sorte avec un ressortissant belge.

C’est là que les autorités belges doivent faire tout le nécessaire pour mettre fin à ces violations des droits humains , et pour obtenir la libération de Mustapha Awad. »

Merci à toute l’équipe

Le Comité Free Mustapha a fait un superbe travail dans et autour de la tente « Free Mustapha » « Boycott Israël »:  merci à Abdellah, Carmen, Christophe, Franca, Isabelle, Jean-Claude, Fotoula, Krishna, Mélanie, Mohammed, Linda, Marie, Marie-Claire, Rana, Ria, Sandra, Stelio, Yamina, Yvette…

En parallèle, la Communauté palestinienne, intal, ABP, Palestina Solidariteit faisaient campagne dans leur propre tente, et plusieurs autres organisations affichaient la photo de Mustapha à leur stand.

Merci à tou.te.s ! Free Mustapha !!!


Photo à la une : Fatiha Dahmani, secrétaire syndicale de LBC-NVK

Une tente « Free Mustapha » à ManiFiesta

Dans le passé, c’était toujours un plaisir de rencontrer Mustapha Awad à ManiFiesta.

L’année passée à ManiFiesta

Membre et cofondateur du Raj’een Dabkeh Group, il s’y est produit comme danseur et tenait un stand à côté de la tente « Boycott Israël ».

Cette année, Mustapha ne sera pas là. Le 19 juillet il a été arrêté à la frontière entre la Jordanie et la Palestine par les autorités israéliennes et est emprisonné depuis en Israël.

La Plate-forme Charleroi-Palestine a décidé de transformer sa tente « Boycott Israël » en une tente « Free Mustapha ».

Nous y accueillerons Samidoun, le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens et le Comité Free Mustapha.

Dans la tente vous trouverez évidemment des keffiehs et autres produits de la solidarité, des autocollants, des brochures pour la campagne BDS…

Mais surtout, vous pourrez y agir pour Mustapha !

-vous pourrez signer la pétition pour sa libération

-vous pourrez vous faire photographier avec une affiche « Free Mustapha »

-vous pourrez participer à la collecte pour payer ses avocats

-vous pourrez aussi jouer un rôle plus actif en assurant une permanence d’une heure ou deux heures dans la tente.

Soyez les bienvenu.e.s, marhaba, welcome !


Publié le 29/8/2018 sur Pour la Palestine

La campagne en vue de libérer l’artiste belge Mustapha Awad prend de l’ampleur : des syndicats et des parlementaires apportent leur signature

Mercredi 22 août, des amis de l’artiste belgo-palestinien, chorégraphe et défenseur des droits de l’homme Mustapha Awad, détenu par l’occupation israélienne depuis le 19 juillet 2018, date à laquelle il a été arrêté par les forces de l’occupation au passage Karameh, à la frontière entre la Palestine et la Jordanie, ont été reçus par des représentants du ministère belge des Affaires étrangères.

Vous aussi pouvez entreprendre des actions en vue de libérer Mustapha Awad ! 

L’arrestation d’Awad a provoqué une condamnation générale de la part de nombreuses organisations et individus belges et internationaux. Un regain d’attention a été attiré sur l’exclusion d’activistes BDS et de défenseurs des droits de l’homme de la Palestine occupée et sur l’interrogatoire d’autres qui se présentaient aux frontières colonialement imposées. Dans ce contexte, l’arrestation d’Awad est un exemple particulièrement flagrant de la capture d’un citoyen étranger, qui n’a pas de carte d’identité palestinienne, alors qu’il tentait d’aller visiter la Palestine, le pays d’où sa famille a été chassée en 1948.

Au fur et à mesure que l’affaire a gagné en visibilité dans les médias traditionnels belges, tant francophones que néerlandophones, le soutien au danseur emprisonné – cofondateur du groupe de debkeh Raj’een – s’est aussi amplifié. La FGTB (Fédération générale du travail de Belgique, le syndicat socialiste national, en Belgique) a soutenu la pétition Awad, comme l’a également fait son président, Robert Vertenueil. La députée fédérale belge, Gwenaelle Grovonius, a également signé la pétition en même temps que plus d’une centaine d’organisations et plus d’un millier de personnes.

Rana Maher Daibes, du groupe Raj’een Dabkeh, aux côtés de Robert Vertenueil, président de la Fédération générale du travail de Belgique

Des groupes culturels, des ONG soutenant la Palestine et les droits de l’homme ont également rejoint la bonne centaine d’organisations épaulant l’appel à la libération d’Awad.

Découvrez la liste des signataires internationaux et signez la pétition ici

Le Comité Free Mustapha a également lancé un appel à dons afin d’aider à la défense juridique de Mustapha Awad en Palestine occupée et en Belgique :

« Nous avons besoin de collecter des fonds… Il n’y a pas de petits dons, le plus petit don constituera une aide. Nous vous remercions d’avance. N’hésitez pas à partager la pétition, la page, les articles de presse et le numéro de compte bancaire :

Free Mustafa
BE96 7360 5044 3805.
BIC : KRED BE BB « 

Le comité a publié un communiqué de presse suite à sa rencontre avec les représentants du ministère belge des Affaires étrangères

Agissez !

Vous pouvez contribuer à mettre sur pied la campagne de libération de l’artiste emprisonné Mustapha Awad. Nous vous invitons à nous rejoindre en entreprenant les actions suivantes :

Signez la déclaration que voici en tant que groupe ou personne :

Pétition Free Mustapha

Rejoignez la page Facebook –> Free Mustapha Awad الحرية لمصطفى عوض

Faites un don au fonds juridique du Comité « Free Mustapha ».
En Europe, vous pouvez adresser un SEPA Transfer à : Free Mustafa

BE96 7360 5044 3805
BIC : KRED BE BB

Prenez une photo « Free Mustapha »

avec l’affiche ci-dessous, ou avec un message personnel et envoyez-la au Comité à l’adresse :

free.mustapha2018@gmail.com ou proposez-la sur la page Facebook.

Organisations signataires de la pétition 1)les organisations signataires belges sont mis en gras

ABP – Association belgo-palestinienne
AFPS 63
AFPS Nord-Pas de Calais
AFPS Paris-Sud
Al-Awda, Palestine Right to Return Coalition – NY
Aljabal asbl
American Muslims for Palestine – NY
Amitié sans frontières – Vriendschap Zonder Grenzen
Antwerp for Palestine
Association Charente Palestine Solidarité
AURDIP – Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine
Association for Protection of Democratic Rights (APDR), Inde
BACBI : Belgian Academic and Cultural Boycott of Israel
BADIL
BDS Berlin
BDS ULB
BRussells Tribunal
Bruxelles Panthères
Canada Palestine Association-Vancouver
Centre culturel arabe en pays de Liège
Cercle des étudiants arabo-européens de l’ULB
Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie
Comité pour une paix juste au Proche-Orient
Comite Verviers Palestine
Communauté palestinienne en Belgique
Parti communiste de Belgique
Parti communiste (Suède)
Coup pour coup 31
CSC Charleroi-Sambre & Meuse
Dar al Janub – Union for antiracism and peace policy
Diensten en Onderzoek Centrum Palestina (docP)
Een Andere Joodse Stem / Another Jewish Voice
Eglise protestante baptise La Fraternité
EuroPalestine
Familles de prisonniers pour la justice (Belgique)
FGTB
FGTB wallonne
Filipino Refugees in the Netherlands (FREN)
Freedom Archives
Free Palestine Movement
French Friends of the Freedom Theatre in Jenin
G3W/M3M (ONG belge)
GAPP – Gents ActiePlatform Palestina
Greek Front of Resistance and Solidarity with Palestine « Ghassan Kanafani »
Groupe non-violent LOUIS LECOIN
GUPS Aix-Marseille
Hand in Hand
Hannah vzw
Independent Jewish Voices – Canada
Inminds Human Rights Group
Intal
International Action Center
IJAN, International Jewish Anti-Zionist Network
International League of Peoples’ Struggle (ILPS)
International forum – Middle East group
Investig’Action
ISM-Northern California
Jacksonville Community Action Committee
Jacksonville Palestine Solidarity Network
Jews for Palestinian Right of Return
Justice sans frontières JSF (Belgique)
Käthe Kollwitz Vredesloop
Labor for Palestine
Le Space
Leuvense Actiegroep Palestina
Ligue des droits de l’homme de Liege
Links Ecologisch Forum/Forum Gauche écologie
London Palestine Action
Manchester Boycott Israel Group
Maramya ASBL
MCP – Mouvement Citoyen Palestine
MCP – Mouvement Chrétien pour la Paix

MOC de Charleroi-Thuin
National Lawyers Guild Palestine Subcommittee
NY4Palestine
NZ Palestine Solidarity Network (Nouvelle-Zélande)
PAC – Presence et Action culturelles
Paix juste au Proche-Orient – Ittre
Palestina Solidariteit
Palestina Solidariteit Herent / 11.11.11-Herent
Palestina Solidariteit Wetteren
Palestine Solidarity Committee – Austin, Texas
Palestine Democratic Forum
Palestinian Rights Committee, Albany New York USA
Parallelo Palestina
Party for Socialism and Liberation
Peoples Video Network
Pittsburgh Palestine Solidarity Committee
Plate-forme Charleroi-Palestine
Plate-forme Palestine Watermael-Boitsfort
Project South : Institute for the Elimination of Poverty and Genocide
Raj’een Dabkeh Group
Samidoun Göteborg
Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network
Scottish Palestine Solidarity Campaign
Secours rouge Canada
Secours rouge de Belgique
Solidaris – Union nationale des mutualités socialistes
Solidaris Namur
Solidarity4All
Studenten voor Rechtvaardigheid in Palestina – Amsterdam
Students for Justice in Palestine Houston
Students for Justice in Palestine, Temple University
Students for Justice in Palestine UCSB
Students for Justice in Palestine VUB
Students for Justice in Palestine, University of South Carolina
SUD Solidaires
The Rights Forum
Union générale des femmes palestiniennes en Belgique et au Luxembourg
Union of Palestinian Communities and Institutions – Europe
UPJB – Union des progressistes juifs de Belgique
US Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel
Victoria Coalition Against Israeli Apartheid
Victory to the Intifada (Manchester)
Vie Fémine
Vrede vzw
Vriendschap
Vrouwen in het Zwart, Vrouwen voor Vrede
V-SB (Mouvement socialiste flamand)
vzw Victoria Deluxe
WALPURGIS
Werkgroep Vluchtelingen Gent vzw
Werkgroep Vrede en Ontwikkeling Watermaal-Bosvoorde
WESPAC Foundation


Publié le 27/8/2018 sur Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network
Traduction : Jean-Marie Flémal

References   [ + ]

1. les organisations signataires belges sont mis en gras

Soutien financier (FR)

Signer la pétition est très important mais nous avons également besoin de vos dons. En effet Mustafa a 2 avocats un ici en Belgique et un sur place. Nous avons donc besoin de récolter de l’argent pour les payer. Il n’y a pas de petits dons, le moindre petit don sera un coup de main. D’avance merci et n’hésitez pas à partager la pétition, la page, les articles de presse, et le numéro de compte bancaire :

Free Mustafa
BE96 7360 5044 3805.
BIC: KRED BE BB

« Free Mustapha » : Ses amis exigent la libération d’un Belge d’origine palestinienne emprisonné en Israël

Voici quelques semaines, Mustapha Awad décidait de se rendre en Palestine, la terre de ses grands-parents. « Plus tôt, il avait déjà fait une première tentative de se rendre dans sa patrie d’origine, mais il avait été refoulé », explique son avocate belge Joke Callewaert. « Cette fois, il comptait faire une seconde tentative. »

Le jeudi 19 julillet, Awad franchissait le pont Allendy entre la Jordanie et la Cisjordanie, à la frontière jordano-palestinienne. Il y était arrêté par les autorités israéliennes, qui contrôlent très sévèrement leurs frontières.

Depuis lors, Mustapha Awad a subi des interrogatoires dans une prison israélienne. « J’ai d’abord pensé qu’ils allaient le détenir administrativement durant 35 jours, pour l’interroger et le libérer ensuite », déclare Callewaert. Mais, jeudi dernier, Awad a été mis en accusation pour terrorisme. « Nous ne savons même pas pourquoi », ajoute Callewaert. « Il a un casier judiciaire absolument vierge. »

Dans les médias israéliens, on peut lire que l’homme est suspecté d’affiliation au FPLP, le Front populaire de libération de la Palestine, considéré comme un groupe terroriste. Et, peut-on encore lire, il aurait sans doute suivi des formations militaire auprès du Hezbollah, un mouvement de résistance contre Israël, et avoir eu l’intention de commettre un attentat terroriste en Israël.

Dimanche 2 septembre, il sera décidé si Mustapha Awad restera plus longtemps encore en détention provisoire. Il est possible que, plus tard, il doive comparaître devant un tribunal militaire.

Qui est Mustapha Awad ?

Mustapha Awad est né en 1982 dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban. Ses parents sont eux-mêmes des réfugiés palestiniens qui, aujourd’hui encore, résident dans ce camp – qui, pour toute clarté, n’est pas constitué de tentes, mais bien d’habitations.

À l’âge de vingt ans, Mustapha Awad décidait de venir dans notre pays. Il y entamait une procédure en vue de se voir accorder la nationalité belge, qu’il obtenait effectivement voici deux ans environ. Awad habite Alost où, entre autres, il siège au Conseil de la Coopération internationale au développement.

L’homme fait également partie d’un groupe qui danse le debkeh, une danse traditionnelle palestinienne. Avec ce groupe, Mustapha se produit régulièrement afin de soutenir la cause palestinienne en tant qu’artiste. Selon Callewaert, ce pourrait être la raison pour laquelle Mustapha Awad a été arrêté. « Les services de police auraient pu retrouver cette information via Facebook. »

En Israël, il est permis d’interroger les gens en les soumettant à de fortes pressions

Joke Callewaert a beau être l’avocate de Mustapha dans notre pays, en Israël, Mustapha s’est vu imposer un avocat pro deo pour assurer sa défense. « Dès que nous avons su qu’il avait été arrêté pour terrorisme, j’ai décidé de faire désigner un autre avocat. » Mais lui non plus – à l’instar de Mustapha Awad lui-même – n’a pas encore eu accès au dossier. « Il n’a même pas encore reçu d’acte de mise en accusation de la part du juge d’instruction. Souvent, en Israël, on prend des décisions sur base de dossiers secrets. C’est un système absurde dans lequel les droits de la défense sont très limités. »

De notre pays, Mustapha a toutefois reçu une assistance consulaire.

Callewaert elle-même n’a pas encore pu contacter verbalement son client. « Il ne peut pas téléphoner depuis la prison, même pas à ses amis et à sa famille en Belgique. »

C’est pourquoi Callewaert envisage elle-même de se rendre en Israël afin de lui rendre visite, « car il est difficile de comprendre à distance de quoi il retourne exactement. Et, de plus, je ne pourrai pas plaider personnellement, car je ne parle pas un mot d’hébreu. »

En Israël, il est permis d’interroger les prisonniers en les soumettant à des pressions. « On peut y recourir à des techniques d’interrogatoires très lourdes, et même extrêmes », déclare Callewaert. « Ainsi, j’ai appris des médias sur place que, la toute première fois déjà, il aurait été interrogé durant vingt heures d’affilée. Dans quelle mesure est-ce de la torture ou pas, voilà une question sur laquelle le juge devra s’exprimer. »

Dans la presse israélienne, on a appris entre-temps qu’Awad avait fait des aveux complets. « Mais cela me semble bizarre », déclare son avocate. Elle n’est guère optimiste sur son sort. « Je crains qu’il ne soit lourdement condamné et que les droits de la défense ne soient pas respectés. »

La pétition « Free Mustapha » compte déjà 1 400 signatures

Les amis de Mustapha ont désormais lancé une pétition afin de le soutenir et de réclamer sa libération. Elle a déjà été signée par près de 1 400 personnes. 1. Tous craignent que Mustapha ne soit victime de la torture. Cette semaine, le comité de soutien a également été reçu au ministère des Affaires étrangères.


Publié sur le 24/8/2018 sur VRT/NWS
Traduction : Pour la Palestine – Jean-Marie Flémal

Vous trouvez ICI le lien pour signer la pétition

« Traitements inhumains équivalents à la torture »: Mustapha Awad, Belge d’origine palestinienne, est détenu en Israël

 
Mustapha Awad est entre autres danseur. Il est le fondateur de la troupe de debkeh (danse palestinienne) Raj'een

Mustapha Awad est entre autres danseur. Il est le fondateur de la troupe de debkeh (danse palestinienne) Raj’een – © Tous droits réservés

Wahoub Fayoumi

Awad, artiste belge d’origine palestinienne, aurait été arrêté par les autorités israéliennes, le 19 juillet dernier, alors qu’il se rendait en Palestine pour visiter des membres de sa famille. Il avait séjourné quelque temps en Jordanie.

D’après ses proches, le jeune homme de 36 ans avait ensuite pris le chemin du poste frontière entre la Jordanie et les Territoires palestiniens. C’est là qu’il aurait été emmené par les autorités israéliennes, qui y  disposent d’un poste de contrôle des douanes.

Mustapha Awad aurait alors disparu des radars, jusqu’au 27 juillet, date à laquelle les autorités belges auraient reçu confirmation de son arrestation et de son emprisonnement en Israël.

Mustapha Awad est Belge d’origine palestinienne. Il est né au Liban dans le camp de réfugiés de Ain el Héloué. Apatride, il a été reconnu comme réfugié en Belgique il y a plus de 15 ans, avant d’obtenir la nationalité belge.

Contactée mercredi, l’ambassade d’Israël à Bruxelles n’a dans un premier temps pas souhaité faire de commentaire sur le dossier. Mais ce jeudi, le porte parole de l’ambassade a souhaité nous confirmer que Mustapha Awad avait bien été arrêté, qu’il est accusé d’appartenance à un groupe terroriste, en l’occurrence le Front Populaire de Libération de la Palestine, un groupe armé de gauche. Selon l’ambassade d’Israël, Mustapha Awad aurait aussi suivi des entraînements avec le Hezbollah libanais (mise à jour, ndlr).

C’est aussi ce que la presse israélienne rapportait il y a quelques jours.

Un comité de soutien, Free Mustapha Awad, s’est constitué en Belgique, et une pétition a été lancée. Objectif de ses proches: demander aux autorités belges d’intervenir pour obtenir sa libération. Une délégation de ce comité a été reçue au SPF Affaires étrangères mercredi matin.

Alexis Deswaef, avocat et ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), a accompagné la délégation du comité de soutien mercredi. Il a été délégué par la LDH pour suivre le dossier.

Que sait-on de ce qui s’est passé ?

Alexis Deswaef:  C’est à la frontière entre la Jordanie et la Palestine, sur le pont Allenby, que les autorités israéliennes ont arrêté Mustapha Awad, alors qu’il n’était pas en Israël. C’est là qu’il a disparu le 19 juillet. Il a fallu pas mal de temps pour comprendre ce qui était arrivé. C’est seulement le 27 juillet que les autorités belges, et le consulat belge ont reçu la confirmation des autorités israéliennes qu’il a été emprisonné en Israël.

Et c’est effectivement une arrestation tout à fait inhabituelle

Que reprochent les autorités israéliennes à Mustapha Awad ?

Alexis Deswaef : Les motifs de cette arrestation constituent une grande inconnue. Le 16 août, il a visiblement été mis en accusation du chef de terrorisme.

On sait qu’en Israël, cela recouvre énormément de choses, mais visiblement, il est accusé de lien dans un dossier de terrorisme ; ce qui est contesté. Mais on ne sait pas exactement ce que cela vise. Les autorités belges n’en ont pas été informées.

Une nouvelle audience est prévue le 2 ou le 3 septembre. On espère avoir plus de renseignements à cette occasion là, et voir concrètement dans le dossier ce qui lui est reproché, pour pouvoir intervenir.

Quelle est l’attitude des autorités belges dans ce dossier ?

Alexis Deswaef : Mustapha Awad a reçu une première visite du consul de Belgique le 7 août, une visite consulaire sollicitée par les autorités belges auprès des autorités israéliennes, et qui a été accordée. Une deuxième visite a été sollicitée et est prévue dans les jours qui viennent.

Il y a un avocat en Israël qui défend Mustapha Awad, et nous espérons qu’il sera libéré très rapidement. Mais la moindre des choses, c’est que la Belgique obtienne de la part des autorités israéliennes des explications sur les motifs de cette arrestation, et de cette détention.

Et que des comptes soient rendus par rapport à ce qui nous revient comme conditions d’interrogatoire : plus d’une vingtaine d’heures d’auditions, privation de sommeil et de nourriture, mauvais traitements… Ce sont clairement des traitements inhumains équivalents à la torture, et il est absolument inacceptable que les autorités israéliennes agissent de la sorte avec un ressortissant belge. C’est là que les autorités belges doivent faire tout le nécessaire pour mettre fin à ces violations des droits humains , et pour obtenir la libération de Mustapha Awad.