Ambiance combative et solidaire pour Mustapha à Mons

Étaient au menu de « Mons pour Mustapha », ce 11 décembre : Performances dabkeh de membres du groupe Raj’een et du groupe de danse freestyle de la Maison des jeunes de Cuesmes et un entretien avec le bourgmestre Nicolas Martin et l’échevine de la participation citoyenne Charlotte De Jaer. Et surtout aussi, une belle ambiance combative et solidaire avec Mustapha.

Voici le mot d’accueil d’Ibrahim Khayar, organisateur, qui lança aussi la nouvelle campagne du Comité Free Mustapha : « Write to Mustapha »

Bonjour à toutes et tous,

Au nom du Comité Free Mustapha dans son entièreté et des associations qu’il représente, j’aimerais vous remercier du fond du cœur d’être venus si nombreux aujourd’hui. Cela fait 145 jours que Mustapha, notre ami mais cet artiste belge plein de talent, réfugié reconnu a été arrêté et enfermé dans les prisons israéliennes alors qu’il attendait soin premier passage en Israël pour la première fois de sa vie pour voir son village ancestral. Mustapha n’avait jamais pu aller en Palestine auparavant, et c’était un rêve pour lui qui s’est transformé en cauchemar. Il a été arrêté sans qu’on l’informe de la raison de son arrestation et il a fallu attendre vingt jours, vingt longues journées, avant que notre consul puisse le voir. Durant ces vingt jours il aura subi des traitements assimilables à de la torture, notamment, des auditions qui ont duré plus de 20h sur 24 sans repos ou des déprivations de sommeil. Depuis qu’il est emprisonné il n’a également pas pu entrer en contact avec ses proches pour les rassurer, et leur faire savoir sa condition.

Hier, on célébrait la journée internationale des Droits humains, et on sait par des organisations internationales telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch et la FIDH qu’Israel , qui se dit seule démocratie du Moyen-Orient, utilise des techniques d’interrogatoires comme la torture de façon massive lors de ses interpellations et durant ses interrogatoires. Ici c’est un ressortissant belge qui est concerné et c’est la raison pour laquelle nous sommes ici, c’est pour que nos responsables politiques les plus proches, puissent faire écho à notre demande au niveau national et demander que notre gouvernement et nos responsables politiques, Mr Reynders et Mr Michel, puissent prendre position de manière ferme et demander la libération de Mustapha, comme il se doit au regard du Droit International.

On a appris il y a une dizaine de jours que Mustapha avait dû plaider coupable pour des faits qu’il n’avait pas commis, pour obtenir une peine d’emprisonnement plus courte. Nous comprenons cela car nous connaissons une situation similaire, celle de Salah Hammouri, l’avocat franco-palestinien qui a été jugé puis condamné pour des faits similaires l’an dernier, mais qui a pu être libéré récemment après 13 mois de détention administrative. Et l’explication de sa libération prématurée est bien simple, elle est à chercher sur le terrain, où de nombreuses personnes se sont mobilisées et ont interpellé le Président Macron jusqu’à ce qu’il ait à prendre position. Parce que nous ne sommes pas impuissant, la Belgique dispose d’outils diplomatiques, et a montré plus d’une fois qu’il savait les utiliser. Il faut juste pour qu’elle le fasse qu’elle nous sente chaud et motivés à aller jusqu’au bout pour demander la libération de Mustapha.

Une dernière chose avant de passer le micro à ses amis proches, de Rajeen, si vous désirez soutenir la campagne, vous pouvez le faire de manière très concrète en soutenant ses frais d’avocats et les autres frais liés à son incarcération, ses frais d’avocats s’élèvent à 15.000€, et ce matin nous avions récoltés 9.482€. N’importe quel montant compte et on fait passer le numéro de compte sur lequel vous pouvez effectuer le versement. Aujourd’hui nous lançons également la campagne « Write to Mustapha » parce que Mustapha n’a droit à aucune visite, et son seul lien avec l’extérieur, c’est les lettres qu’il peut recevoir. Vous trouverez également sur le papier l’adresse à laquelle vous pouvez lui écrire. On vous remercie encore une fois du fond du cœur et maintenant je laisse la parole à Rajeen, la troupe de danse que Mustapha a cofondée.

Le rassemblement s’est terminé aux cris de « Free free Mustapha » « From the river to the sea, Palestine will be free »

Pour écrire à Mustapha : Mustapha Awad, Gilboa prison, DN Emek Yzrael, Gilboa, Israel 10900

Pour soutenir la campagne : Free Mustafa BE96 7360 5044 3805 BIC: KRED BE BB

Interpellons nos responsables politiques pour la libération de Mustapha !

Belle mobilisation pour la libération de Mustapha à Mons ce mardi 11 décembre ! Une centaine de personnes était présentes et une délégation a pu être reçue par le Bourgmestre Nicolas Martin, qui a accepté de s’enquérir auprès de Mr Reynders, ministre des Affaires Etrangères, du sort de Mustapha !

De droite à gauche sur la photo : Ibrahim Khayer, organisateur du rassemblement, le bourgmestre Nicolas Martin, l’échevine Charlotte De Jaer, échevine de la participation cityoenne (et cheffe de groupe ECOLO à Mons). Le conseiller communal PTB John Beugnies était également présent à l’entretien.

N’hésitez pas à interpeller vous aussi vos responsables politiques locaux afin qu’ils puissent faire écho au ministre des Affaires Etrangères de notre inquiétude quant au sort Mustapha!

Ci-dessous la lettre qui avait été envoyé au bourgmestre :

Monsieur le Bourgmestre Nicolas Martin,

Mesdames et Messieurs les échevins,

J’ai l’honneur de vous écrire ce jour au nom d’un nombre considérable de citoyens et citoyennes montois, ainsi qu’au nom de plusieurs associations montoises qui depuis plusieurs mois s’inquiètent du sort de notre concitoyen Mr Mustapha Awad, récemment condamné et emprisonné injustement en Israël.

Mr Awad, un artiste et ressortissant belge, a été arrêté à la frontière jordano-israélienne le 19 juillet dernier, soit il y a exactement 145 jours, alors qu’il attendait de pouvoir effectuer son premier passage en Israël. Il désirait profiter de ses vacances en tant qu’ouvrier pour visiter pour la première fois le village ancestral de sa famille, lui qui était né dans un camp de réfugiés au Liban et avait obtenu la nationalité belge il y a près d’une dizaine d’années. Aucune raison n’a alors été donnée à son arrestation.

Il a ensuite connu de longues semaines d’interrogatoires, durant lesquelles ses proches n’ont eu accès à aucune information quant à sa situation et à son état de santé. Il est désormais avéré que les interrogatoires auxquels Mr Awad s’est trouvé confronté furent musclés : il a été longuement privé de sommeil, et il a subi des atteintes à son intégrité physique, malgré qu’il présentât des problèmes de santé chroniques qui le rendent particulièrement fragile. Après plusieurs semaines de détention, il a été inculpé du chef d’accusation d’« appartenance à une organisation illégale », sur base d’aveux obtenus sous la contrainte. Il est nécessaire de rappeler ici que toute organisation palestinienne de résistance à l’occupation israélienne (laquelle est illégale au regard du Droit International), est considérée par Israël comme une organisation « terroriste », même si cette organisation est pacifique.

C’est pour ces raisons que s’est formé au courant du mois d’août dernier un comité « Free Mustapha » dédié à apporter son soutien à Mr Awad, notamment en sollicitant la diplomatie belge afin qu’elle intervienne et demande sa libération immédiate et la fin des traitements inhumains qu’il subit, eu égard aux circonstances pour le moins floues de son arrestation. Au départ constitué par ses proches et ses amis, le comité a pu rapidement s’appuyer sur le soutien de nombreuses organisations et associations qui soutiennent son appel, et notamment plusieurs dans la région de Mons-Borinage. Ce sont elles qui ont organisé ce mardi 11 décembre un rassemblement devant l’Hôtel de Ville et c’est en leur nom que je me permet de vous interpeller en votre qualité de leur représentant le plus direct et le plus proche, à même de relayer leurs inquiétudes en tant que citoyens. Nous pensons en effet que la situation de Mr Awad nous concerne tous en tant qu’elle constitue un dangereux précédent quant à l’assistance diplomatique qu’un citoyen belge est en mesure d’attendre lorsqu’il est arrêté dans un pays étranger, ici en Israël.

Nous nous adressons donc à vous afin que la Ville de Mons soutienne notre demande auprès des autorités compétentes, à savoir le Ministre des Affaires Etrangères Mr Didier Reynders : qu’il réclame avec nous sa libération immédiate.

En espérant de tout cœur que vous accéderez à notre demande, nous vous assurons, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins, de l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Pour le Comité « Free Mustapha » et les associations qu’il représente,

Dr Khayar Ibrahim

Belgian-Palestinian artist Mustapha Awad sentenced to a year in Israeli prison

 
 
Photo: Free Mustapha Committee, Facebook

Mustapha Awad, Palestinian refugee and Belgian citizen, co-founder of Raj’een Dabkeh Troupe and metal worker, was sentenced on 28 November by an Israeli court to one year in prison. Like the vast majority of so-called “security” or political cases in Israeli courts (military or “civil”) against Palestinians, the case concluded in a plea agreement. For Palestinians, the consequences of rejecting such an agreement can include trial processes that stretch on for months or even years before the imposition of a lengthy sentence. 

Awad, 36 and a longtime activist for Palestinian rights – including the freedom of Palestinian political prisoners – was seized by Israeli occupation forces in an alarming incident on 19 July. Born in Ein el-Helweh refugee camp in Lebanon, Awad wanted to visit Palestine for the first time. Instead of being welcomed to his homeland or even being interrogated and deported as numerous Palestinians with international citizenships – as well as international solidarity activists – have been, he was seized by occupation forces and taken to interrogation inside occupied Palestine.

Photo: Free Mustapha Committee

Awad was interrogated for nearly a month, sometimes under severe pressure and reportedly up to 20 hours out of the day, deprived of sleep. He faced accusations of “membership in an illegal organization,” allegedly the Popular Front for the Liberation of Palestine. Every major Palestinian political party has been labeled “illegal” by the Israeli occupation, and even members of student blocs and mass organizations are regularly hit with this charge by the Israeli occupation.

The “Free Mustapha” Committee, an alliance of dozens of organizations and individuals, continues to fundraise to support Mustapha’s legal fees and pressure Belgium to demand his release. As documented by David Cronin in the Electronic Intifada, the Belgian government has failed to take action on Awad’s case, despite the fact that his only citizenship is Belgian. Instead, while Awad has been visited by the Belgian consul, Belgium has not responded to repeated meetings and demands from Awad’s Belgian family and friends to put serious pressure on Israel for his release.

“We have the impression that Belgium is abandoning a Belgian citizen… It should be very clear to say that we do not accept the treatment of a Belgian citizen like that because tomorrow it can be you, it can be me, and it is unacceptable,” said Belgian lawyer and honorary president of the League of Human Rights Alexis Deswaef. 

The next protest for Awad’s freedom and in solidarity with Palestine will take place on Tuesday, 11 December at 5:30 pm in the city of Mons, in Grand Place. Previous events have taken place in cities across Belgium, including Brussels, Charleroi, Antwerp and Ghent. Awad’s case has been featured at a range of Palestine and social justice events in Belgium, including the event organized for the International Day of Solidarity with the Palestinian People featuring French-Palestinian lawyer and recently released political prisoner Salah Hamouri.

Salah Hamouri says “Free Mustapha”

Awad’s case has sparked concern from many active Palestinians, especially those with European citizenship, given that it seems to mark an even more intensely escalated level of repression against Palestinians seeking to visit their homeland. Now, Palestinians with international citizenships coming to Palestine not only have to be concerned about racism, harsh interrogations and forced exclusion from their homeland, but also with the possibility of political arrest, interrogation and imprisonment.

Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network reiterates our demand for the immediate release of Mustapha Awad. We call on the Belgian government to demand his liberation and to take a stand for Mustapha and other Palestinians facing exclusion and repression at the hands of the Israeli state, including all Palestinian refugees denied their internationally recognized right to return to their homeland.

To donate to the Free Mustapha committee for Mustapha’s legal bills, use the following bank information:

Free Mustafa
BE96 7360 5044 3805.
BIC: KRED BE BB

Below is the press release from the Free Mustapha Committee:

Belgian worker and artist Mustapha Awad sentenced to one year in prison in Israel.

Yesterday our dear friend Mustapha Awad was sentenced by an Israeli court to 12 months in prison. He was sentenced on the basis of « confessions » obtained under conditions related to torture (secret detention, forced interrogation 20H/day, sleep deprivation).
In reality, it is an empty file, dealing with facts for which he could not be convicted in Belgium.

Mustapha is accused of belonging to an « illegal » organization: for Israel any organization that resists occupation and apartheid is illegal. The Israeli court mentions a « training »: in fact, it is a computer security course, which could be organized by any human rights organization. As for support for « financing », the facts mentioned concern humanitarian action.

Once again, the Free Mustapha Committee asserts that Mustapha’s imprisonment is fundamentally unfair and unacceptable and the Committee will continue to demand his immediate release, as well as the end of Belgium’s official silence around this affair.

This message was also delivered at meeting with the Foreign Ministry on the day of conviction in Israel by delegation composed of An Muylaert – Mustapha’s Belgian mother, Alexis Deswaef – Honorary President of the League of Human Rights, Pierre Galand – President of the ABP and the World Organization Against Torture, Hamdan Al Damiri, and Myriam De Ly – members of the Free Mustapha Committee.

The delegation firmly asked that Minister Reynders take a public stand that Belgium can not tolerate such violations of international law and human rights and calls for the immediate release of Mustapha Awad.
The Free Mustapha Committee has already organized a new protest action. It will take place on Tuesday, December 11, at 17:30 on the Grand Place of Mons.

Freedom for Mustapha! Freedom for all Palestinian prisoners!


Published on Samidoun Palestinian Prisoner Network, 9 December 2018

 

Press release 29/11/2018

Persmededing Nederlands : onderaan
Communiqué en français : en-dessous
———————————-
Free Mustapha Committee Press Release – 29/11/2018
Belgian worker and artist Mustapha Awad sentenced to one year in prison in Israel.

Yesterday our dear friend Mustapha Awad was sentenced by an Israeli court to 12 months in prison. He was sentenced on the basis of « confessions » obtained under conditions related to torture (secret detention, forced interrogation 20H/day, sleep deprivation).
In reality, it is an empty file, dealing with facts for which he could not be convicted in Belgium.

Mustapha is accused of belonging to an « illegal » organization: for Israel any organization that resists occupation and apartheid is illegal. The Israeli court mentions a « training »: in fact, it is a computer security course, which could be organized by any human rights organization. As for support for « financing », the facts mentioned concern humanitarian action.

Once again, the Free Mustapha Committee asserts that Mustapha’s imprisonment is fundamentally unfair and unacceptable and the Committee will continue to demand his immediate release, as well as the end of Belgium’s official silence around this affair.

This message was also delivered at meeting with the Foreign Ministry on the day of conviction in Israel by delegation composed of An Muylaert – Mustapha’s Belgian mother, Alexis Deswaef – Honorary President of the League of Human Rights, Pierre Galand – President of the ABP and the World Organization Against Torture, Hamdan Al Damiri, and Myriam De Ly – members of the Free Mustapha Committee.

The delegation firmly asked that Minister Reynders take a public stand that Belgium can not tolerate such violations of international law and human rights and calls for the immediate release of Mustapha Awad.
The Free Mustapha Committee has already organized a new protest action. It will take place on Tuesday, December 11, at 17:30 on the Grand Place of Mons.

Freedom for Mustapha! Freedom for all Palestinian prisoners!

———————————–
Persmededeling van Comité Free Mustapha – 29/11/2018

De Belgische arbeider en artiest, Mustapha Awad, is veroordeeld tot één jaar gevangenisstraf in Israël

Gisteren werd onze vriend Mustapha Awad veroordeeld door een Israëlische rechtbank tot 12 maanden gevangenisstraf.

Hij werd veroordeeld op basis van « bekentenissen » bekomen onder omstandigheden die onder de categorie martelingen kunnen ondergebracht worden (ondervragingen 20 u op 24, beroven van slaap…).

In werkelijkheid gaat het om een leeg dossier, over feiten waarvoor hij in België niet kan veroordeeld worden.

Mustapha wordt ervan beschuldigd lid te zijn van een « illegale» organisatie. Israël beschouwt elke organisatie die zich verzet tegen de bezetting en apartheid als illegaal. De Israëlische rechtbank spreekt over een « training» : in de feiten gaat het over een computer cursus over beveiliging van gegevens, die kan georganiseerd worden door gelijk welke organisatie die mensenrechten verdedigt. En in verband met steun aan « financieringen», gaan de feiten over een humanitaire actie.

Eens te meer stelt het Comité Free Mustapha dat de detentie van Mustapha fundamenteel onrechtvaardig en onaanvaardbaar is en zij zal verder blijveren ijveren voor zijn onmiddellijke vrijlating, alsook voor het stoppen van de officiële stilte van de Belgische regering rond heel deze zaak.

Een delegatie van het Comité Free Mustafa deelde dat op 28 november ook mee op het ministerie van Buitenlandse Zaken. Dit was op de dag zelf dat Mustapha werd veroordeeld. Deze delegatie bestond uit An Muylaert, de Belgische moeder van Mustapha, Alexis Deswaef, ere-voorzitter van Ligue des Droits de l’homme, Pierre Galand, voorzitter van ABP en van Organisation mondiale contre la torture en Hamdan Al Damiri, en Myriam De Ly, leden van Comité Free Mustapha.

De delegatie vroeg met aandrang dat minister Reynders publiek een standpunt inneemt, dat hij verklaart dat België schendingen van het internationaal recht en van de rechten van de mens niet kan aanvaarden en dat hij de onmiddellijke vrijlating van Mustapha Awad eist.

Het Comité Free Mustapha roept op tot een nieuwe protestactie. Deze zal doorgaan op dinsdag 11 december, om 17 h 30, op de Grote Markt in Bergen.
——————————

Communiqué de presse du Comité Free Mustapha – 29/11/2018

L’ouvrier et artiste belge, Mustapha Awad, a été condamné à un an de prison en Israël

Hier notre cher ami Mustapha Awad a été condamné par une cour israélienne à 12 mois de prison.
Il a été condamné sur base d’ « aveux » obtenus sous des conditions apparentées à la torture (mises au secret, interrogatoires musclés 20 h sur 24, privation de sommeil).

En réalité, il s’agit d’un dossier vide, portant sur des faits pour lesquels il ne pourrait pas être condamné en Belgique.

Mustapha est accusé d’appartenir à une organisation « illégale » : pour Israël toute organisation qui résiste à l’occupation et à l’apartheid est illégale. La cour israélienne évoque un « entraînement » : en fait, il s’agit d’un cours de sécurisation informatique, qui pourrait être organisé par n’importe quelle organisation de droits de l’homme. Quant au soutien à des « financements», les faits évoqués concernent une action humanitaire.

Une fois de plus, le Comité Free Mustapha affirme que l’emprisonnement de Mustapha est fondamentalement injuste et inadmissible et qu’il continuera d’exiger sa libération immédiate, ainsi que la fin du silence officiel de la Belgique autour de cette affaire.

C’est d’ailleurs ce qu’a communiqué une délégation du Comité, composée d’An Muylaert, la maman belge de Mustapha, Alexis Deswaef, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’homme, Pierre Galand, président de l’ABP et de l’Organisation mondiale contre la torture et de Hamdan Al Damiri, et Myriam De Ly, membres du Comité Free Mustapha, au ministère des Affaires étrangères le jour même de la condamnation en Israël.

La délégation a demandé avec fermeté que le ministre Reynders prenne position publiquement, qu’il dise que la Belgique ne peut pas tolérer de telles violations du droit international et des droits de l’homme et qu’il réclame la libération immédiate de Mustapha Awad.

Le Comité Free Mustapha a d’ores et déjà organisé une nouvelle action de protestation. Elle aura lieu le mardi 11 décembre, à 17 h 30 sur la Grand’Place de Mons.

Liberté pour Mustapha ! Liberté pour tous les prisonniers palestiniens !

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes debout, chaussures et plein air
 

4 365 personnes atteintes

Belgium refuses to demand release of citizen jailed by Israel

Palestinian dancer Mustapha Awad pictured in Belgium, where he holds citizenship. (via Facebook)

Surrealism was once the preserve of painters in Belgium. Today, even the country’s diplomats appear to have mastered it.

For there is something surreal about how they are promoting the cartoon character Spirou as a human rights advocate, while refusing to stand up for a real-life Belgian artist whose human rights have been denied.

Mustapha Awad – an exponent of dabke, the traditional Palestinian dance – was arrested by the Israeli authorities in July. Awad is a Palestinian with Belgian citizenship. Yet the government in Brussels has been mostly silent about his continuing detention.

The silence was eventually broken last week. Didier Reynders, the Belgian foreign minister, tweeted that consular assistance was being provided to Awad and that Israel had been asked for clarification about the charges against him.

Reynders’ tweets were inexcusably timid.

Israel’s allegation that Awad belonged to a “terrorist” organization has been emphatically rejected by his legal team. The Israeli authorities have not presented any credible evidence – as Reynders has acknowledged – against Awad.

Mustapha Awad is a Palestinian who had never previously been to Palestine. Aged 36, he was born in Ein al-Hilweh, a refugee camp in Lebanon; Belgium recognized his refugee status when he was 20. Israel arrested him this summer as he tried to enter the occupied West Bank via Jordan.

Ill-treated

If Belgium takes its duty to protect all its citizens seriously, the government must demand Awad’s immediate and unconditional release.

The inference in Reynders’ tweets that Belgium is doing all it can does not hold up to scrutiny. It took almost three weeks until a Belgian diplomat went to see Awad in jail.

Awad has been prevented from making contact with family or friends. According to his lawyers, Awad has has been ill-treated, particularly through being deprived of sleep.

Reynders acted more swiftly when another Belgian citizen, Amaya Coppens, was detained in Nicaragua last month. She, too, was accused of terrorism.

Although he waited two-and-a-half months until making any public comment about Awad’s case, Reynders voiced his unease about Coppens’ situation within two days of her arrest. He made a point of discussing the matter with Nicaraguan representatives while visiting New York for the UN General Assembly.

Charles Michel, Belgium’s prime minister, was photographed shaking hands with Benjamin Netanyahu, his Israeli counterpart, during that gathering. There was no indication that Michel availed of the opportunity to push for Awad’s freedom.

Why is the Belgian government behaving so differently in these two cases?

Under Daniel Ortega’s presidency, Nicaragua has a strained relationship with the West. There is no major political or economic cost for Belgium to having a row with the left-wing administration in Managua.

Double standards

By contrast, Belgium boasts of its cordial relations with Israel. Sometimes, Belgian diplomats go so far as praising musicians from their country who bring a “great vibe” when they play Tel Aviv. Such inane praise overlooks how those musicians have refused to heed the Palestinian call for a boycott of Israel.

Belgium and Israel are significant commercial partners. Both Antwerp – Belgium’s second city – and Tel Aviv are important players in the global diamond trade, with extensive interaction between the two.

More than 40 percent of all Israeli goods imported to Belgium in 2017 were categorized as precious metals and stones.

The Belgian military is also a customer of Israeli weapons firm Elbit Systems.

Last year, Belgium briefly indicated that it may be willing to behave with a little less deference towards Israel. It took the lead among a group of EU countries in protesting the destruction caused by Israel to aid projects they had funded in the occupied West Bank.

The protest floundered – because Belgium did not accompany it with the threat of sanctions or a lawsuit. Predictably, Israel has kept on vandalizing Palestinian schools financed by the European taxpayer.

That was a vicious assault on the right to education. Yet rather than challenging Israel’s aggression, Belgium has been punishing Palestinians.

Belgium announced in September that it had cut off funding for schools administered by the Palestinian Authority. By doing so, Belgium capitulated to pressure from pro-Israel lobbyists objecting that one school bore the name of a Palestinian resistance fighter.

Israel habitually names streets and institutions after war criminals, and continues to openly celebrate the terrorists who bombed Jerusalem’s King David Hotel in 1946. That embrace of violence has never been an obstacle to Belgian support for the Israeli state.

As Belgium has a multicultural society, it should be proud of people like Mustapha Awad. He has led the Ra’jeen dabke troupe with great enthusiasm. I recall how he smiled radiantly at the end of a rousing performance by the group at a Brussels university earlier this year.

The refusal of Didier Reynders to demand Awad’s release smacks of double standards and, very possibly, racism.

Belgium’s foreign ministry is following a script that resembles George Orwell’s Animal Farm. All citizens are equal but some are more equal than others.

L’inexcusable timidité du gouvernement belge face à Israël et l’emprisonnement d’un de ses citoyens

Le surréalisme était autrefois l’apanage des peintres en Belgique. Aujourd’hui, même les diplomates du pays semblent l’avoir maîtrisé. Car il y a quelque chose de surréaliste dans la façon dont ils utilisent le personnage de bande dessinée Spirou, en tant que défenseur des droits de l’homme, tout en refusant de défendre un artiste belge, un être bien réel celui-ci, dont les droits de l’homme sont bafoués par Israël.

Mustapha Awad, éminent représentant de la danse traditionnelle palestinienne, le dabke, a été arrêté par les autorités israéliennes en juillet dernier. Awad est un Palestinien de nationalité belge. Pourtant, le gouvernement belge pratiquement gardé le silence sur son maintien en détention.

Le silence a finalement été brisé la semaine dernière. Didier Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères, a tweeté que l’assistance consulaire a été fournie à Awad et qu’il avait été demandé à Israël de clarifier les accusations portées contre lui. Des tweets d’une timidité inexcusable :

Les allégations d’Israël selon lesquelles Awad appartiendrait à une organisation « terroriste » ont été catégoriquement rejetée par son équipe juridique. Les autorités israéliennes n’ont présenté aucune preuve crédible contre Awad, ainsi que l’a reconnu Reynders.

Mustapha Awad est un Palestinien qui n’était jamais allé en Palestine auparavant. Âgé de 36 ans, il est né à Ein al-Hilweh, un camp de réfugiés au Liban. La Belgique a reconnu son statut de réfugié à l’âge de 20 ans. Israël l’a arrêté cet été alors qu’il tentait d’entrer en Cisjordanie occupée via la Jordanie.

Mauvais traitements

Si la Belgique prend son devoir de protéger tous ses citoyens au sérieux, le gouvernement doit exiger la libération immédiate et inconditionnelle d’Awad.

L’affirmation de Reynders, par Twitter interposé, selon laquelle la Belgique fait tout ce qu’elle peut ne résiste pas à l’examen. Il a fallu presque trois semaines avant qu’un diplomate belge aille voir Awad en prison. Awad n’a pas pu entrer en contact avec sa famille ou avec ses amis. Selon ses avocats, Awad a été maltraité, notamment par privation de sommeil.

Reynders a réagi plus rapidement quand un autre citoyen belge, Amaya Coppens, a été arrêté au Nicaragua, où elle aussi a été accusée de terrorisme.

Alors qu’il a attendu deux mois et demi avant de faire tout commentaire public sur l’affaire Awad, Reynders a exprimé son malaise à propos de la situation de Coppens dans les deux jours suivant son arrestation. Et il a tenu à discuter de la question avec des représentants du Nicaragua lors de sa visite à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies.

Charles Michel, le Premier ministre belge, s’est fait photographier serrant la main de son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, au cours de la même réunion. Rien n’indique que Michel ait profité de l’occasion pour faire pression pour la libération d’Awad.

https://twitter.com/IsraelinBelgium/status/1045206782975651841

Pourquoi le gouvernement belge adopte-t-il des attitudes si différentes dans les deux affaires ?

Sous la présidence de Daniel Ortega, le Nicaragua entretient des relations tendues avec l’Occident. Les affrontements avec l’administration de gauche à Managua ne présentent aucun coût politique ou économique majeur pour la Belgique.

Double standard

À l’inverse, la Belgique se vante de ses relations cordiales avec Israël. Parfois, les diplomates belges vont même jusqu’à louer les musiciens de leur pays qui apportent une «grande ambiance» quand ils jouent Tel Aviv. Cet éloge insensé ne tient pas compte du fait que ces musiciens ont refusé de répondre à l’appel palestinien au boycott d’Israël.

La Belgique et Israël sont des partenaires commerciaux importants. Anvers – la deuxième ville de Belgique – et Tel-Aviv sont des acteurs importants du commerce mondial du diamant, grâce à une interaction étroite entre les deux.

https://twitter.com/BelgiuminIsrael/status/1044339281433628672

Plus de 40% de tous les produits israéliens importés en Belgique en 2017 sont constitués de métaux précieux et pierres précieuses. L’armée belge est également un client de la société d’armement israélienne Elbit Systems.

L’année dernière, la Belgique a brièvement indiqué qu’elle serait peut-être disposée à se comporter avec un peu moins de déférence envers Israël. Elle a pris les devants parmi un groupe de pays de l’UE en protestant contre les destructions causées par Israël à des projets d’aide qu’ils avaient financés en Cisjordanie occupée.

La protestation a fait long feu, parce que la Belgique ne l’a pas accompagnée de menaces de sanctions ou de poursuites judiciaires. De manière prévisible, Israël a continué à vandaliser des écoles palestiniennes financées par les contribuables européens.

C’était un assaut vicieux contre le droit à l’éducation [des enfants palestiniens]. Cependant, plutôt que de contester l’agression israélienne, la Belgique punit les Palestiniens. La Belgique a annoncé en septembre qu’elle avait coupé le financement des écoles administrées par l’Autorité palestinienne. Ce faisant, la Belgique a capitulé sous la pression de lobbyistes pro-israéliens qui ont objecté qu’une école portait le nom d’un combattant de la résistance palestinien.

Israël attribue de manière habituelle le nom de criminels de guerre à ses rues et à ses institutions, et continue de célébrer ouvertement les terroristes qui ont bombardé le l’Hotel King David à Jérusalem en 1946. Cette violence n’a jamais été un obstacle au soutien de la Belgique à l’État israélien.

La Belgique étant une société multiculturelle, elle devrait être fière de Mustapha Awad. Il a dirigé la troupe Ra’jeen Dabke avec beaucoup d’enthousiasme. Je me souviens du sourire radieux qu’il a eu à la fin d’une performance entraînante du groupe dans une université bruxelloise, plus tôt cette année.

Le refus de Didier Reynders d’exiger la libération d’Awad relève du double standard et, très probablement, du racisme.

Le ministère belge des Affaires étrangères suit un scénario qui ressemble à celui de «Animal Farm» de George Orwell. Tous les citoyens sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres.

David Cronin                


Cet article de David Cronin a été publié sur Electronic Intifada le 16 octobre 2018, sous le titre «Belgium refuses to demand release of citizen jailed by Israel» – Traduction : Luc Delval pour www.pourlapalestine.be

 

Nicaragua – Israël : deux poids, deux mesures ? Les cas d’Amaya Coppens et de Mustapha Awad

Carte Blanche paru sur Le Vif, le 9/10/2018

Lundi 10 septembre, Amaya Coppens, une jeune étudiante en médecine belgo-nicaraguayenne, était arrêtée dans la ville de Leon, au Nicaragua, par la police locale. Elle était engagée dans le Mouvement étudiant du 19 avril, fer de lance de la contestation du régime de Daniel Ortega. Les chefs d’accusation utilisés pour justifier sa détention ont été rapidement connus : terrorisme, port d’arme illégal, incendie criminel, séquestration, tous fermement rejetés par les proches d’Amaya. Son père note en effet que les accusations de terrorisme sont, dans le cadre de la répression du régime, utilisées abusivement, y compris pour les rassemblements les plus pacifiques. Amaya, ajoute son père, est « très motivée par la lutte contre l’injustice et contre l’autoritarisme » du régime en place

Deux jours après son arrestation, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, intervenait en personne, afin de faire savoir que «s’il n’arrivait pas à avoir un contact efficace dans les jours qui venaient, il prendrait évidemment aussi contact avec son collègue (homologue) nicaraguayen au moment de l’Assemblée générale des Nations unies». C’est effectivement ce qu’il a fait, après que les autorités consulaires avaient préalablement obtenu une rencontre entre la jeune fille et son père. Celle-ci fut brève, certes, mais on peut imaginer le soulagement qu’elle a pu procurer à Amaya, et l’influence positive qu’elle a pu avoir sur son moral ainsi que sur celui de ses proches.

En ce moment, Amaya est encore dans l’incertitude quant à son sort, mais le vice-Premier ministre Reynders a, vendredi dernier, déclaré que «si les déclarations qui lui avaient été faites étaient correctes », il avait «l’impression qu’Amaya serait l’une des premières prisonnières à être libérées».

Mustapha Awad a, quant à lui, été arrêté par les forces armées israéliennes le 19 juillet dernier, soit il y a plus de deux mois, à la frontière jordano-palestinienne, après plusieurs heures d’interrogatoire. Ce jeune artiste et travailleur belge d’origine palestinienne a lui aussi été accusé de terrorisme par l’État israélien, bien qu’il n’ait jamais mis les pieds en Palestine ni en Israël auparavant, et qu’il soit lui aussi connu en Belgique pour son engagement citoyen en faveur des droits humains. Les chefs d’accusation qui lui étaient imputés ont été dissimulés un long moment, et plusieurs semaines se sont écoulées avant que Mustapha ne les apprenne. Il a également rapporté avoir été victime de mauvais traitements. Mustapha n’a pu voir son avocat que 20 jours après son arrestation en même temps que le consul, qui n’a pu lui rendre visite que deux fois depuis son arrestation. Tout contact avec ses proches lui a été refusé, la justice israélienne prétextant des raisons de «sécurité».

Notre ministre des Affaires étrangères est resté étrangement silencieux sur le cas de Mustapha, et on attend encore une prise de position officielle de sa part condamnant les traitements inhumains auxquels il est soumis. Au vu des conditions floues de son arrestation et des techniques illégales d’interrogatoire utilisées contre lui, sa libération immédiate devait être réclamée.

Au surplus, il est à noter qu’Amaya possède la double nationalité belgo-nicaraguayenne, ce qui complique théoriquement les efforts entrepris par notre corps diplomatique pour sa libération. Mustapha, lui, est exclusivement citoyen belge. Il s’ensuit qu’Israël ne retient donc pas dans ses prisons un de ses ressortissants ou même un ressortissant palestinien, mais bien un ressortissant étranger, en l’occurrence, un Belge. Si la diplomatie belge, et en particulier son chef, ne réagissent pas avec la plus grande fermeté pour Mustapha, chacun d’entre nous serait désormais en droit d’estimer qu’en cas d’arrestation arbitraire dans un pays quelconque, il ne trouverait aucun soutien auprès des autorités belges. Ce serait là un dangereux précédent que nous ne pouvons accepter.

Amaya et Mustapha. Deux ressortissants belges dans des situations similaires mais dont la prise en charge par nos services diplomatiques diverge considérablement jusqu’au plus haut niveau. Tout à fait louable, voire exemplaire dans un cas, partielle et imparfaite, voire inexistante dans l’autre. Nous sommes en droit de demander que soit respectée l’égalité entre chacun et chacune de nos citoyens, y compris hors de nos frontières.

L’engagement de la Belgique pour les droits de ses ressortissants à l’étranger ne peut être tributaire des intérêts géopolitiques ni des calculs diplomatiques liés à la nature du pays en face, que ce soit le Nicaragua ou Israël. Nous demandons donc à notre ministre des Affaires étrangères Didier Reynders de se positionner publiquement en faveur du respect du droit et de la libération de Mustapha auprès des autorités israéliennes comme il l’a fait pour Amaya auprès des autorités nicaraguayennes.

Ludo Abicht, professeur à l’Université d’Anvers
Marc Abramowicz, fondateur du centre Aimer à l’ULB
Mateo Alaluf, professeur honoraire à l’ULB
Karel Arnaut, professeur d’anthropologie à la KULeuven
Jos Beni, enseignant honoraire
France Blanmailland, avocate
Johannes Blum, enseignant à la retraite
Francine Bolle, maître de conférence ULB
Jean Bricmont, professeur émérite de l’UCL
Fabienne Brion, professeur à la Faculté de droit et de criminologie de l’UCLouvain
Gregorio Carboni Maestri, maître de conférences invité, UCLouvain ; enseignant en projet d’architecture, ULB
Lucie Cauwe, journaliste
Marie-Christine Closon, professeure emérite UCL en Economie de la santé
Michel Collon, auteur et journaliste d’investigation
Hélène Crokart, avocate
Ludo De Brabander, porte-parole Vrede asbl
Lieven De Cauter, philosophe, historien de l’art et auteur, RITCS, school of arts, & department of Architecture KULeuven
Herman De Ley, professeur émérite à l’Université de Gand
Marc David, professeur émérite à l’Université d’Anvers
Paul Delmotte, professeur retraité de l’IHECS, Bruxelles
Jean-Marie Dermagne, avocat et ancien bâtonnier à Louvain-la-Neuve
S
erge Deruette, professeur de sciences politiques à l’Université de Mons
Alexis Deswaef, avocat au Barreau de Bruxelles et président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme
Ruddy Doom, professeur émérite à l’UGent
Charles Ducal
, écrivain
Baudouin Dupret, CNRS/UCLouvain
Fabrice Eeklaer, secrétaire fédéral CSC Charleroi-Sambre & Meuse
El Battiui Mohamed,
ancien président de l’Assemblée Mondiale Amazigh
Pierre Galand,
ancien sénateur
Michel Gevers,
professeur émérite à l’UCLouvain
Pierre Gillis,
professeur à l’UMons
Corinne Gobin,
politologue à l’Université libre de Bruxelles
Johan Grimonprez,
artiste et cinéaste
Gwenaelle Grovonius,
députée fédérale et conseillère communale PS à Namur
Mejed Hamzaoui,
président de la filière Master en sciences du travail à l’ULB
Kristien Hemmerechts,
écrivaine
Hilde Heynen,
professeur à la KULeuven, département architecture
Wouter Hillaert,
journaliste et porte-parole de Hart boven Hard
Perrine Humblet,
professeure honoraire ULB
Heinz Hurwitz,
professeur émérite à l’ULB
David Jamar,
sociologue Umons
Marc Jacquemain,
professeur à l’ULiège
Gabrielle Lefèvre,
journaliste
Vincent Legrand,
professeur à l’UCLouvain
Marc Lenaerts,
professeur à l’ULB et à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles
Madeline Lutjeharms,
professeure émérite à la VUB
Frédéric Ligot,
secrétaire politique du Mouvement Ouvrier Chrétien
Paul Lootens,
ancien président de la Centrale générale FGTB
Victor Matteucci, Mediter –Réseau euro-méditerranéen pour la cooperation
Xavier May, chercheur à l’ULB
Anne Morelli,
professeure émérite à l’ULB
Jan Orbie,
directeur Centre for EU Studies (CEUS), Dept of Political Science, à l’UGent
Rosa-Rosso Nadine,
enseignante
Ryckmans Hélène,
députée ECOLO au Parlement wallon et au Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, sénatrice
Christiane Schomblond,
professeure émerite ULB
Dominique Surleau,
secrétaire générale de Présence et Action Culturelles
Dirk Tuypens,
acteur
Dirk Vandermaelen,
président de la Commission des Affaires étrangères, député fédéral SP.a
Claude Veraart, professeur émérite à l’UCL
Véronique Vercheval, photographe
Erik Vlaminck,
auteur, président du PEN-Vlaanderen
Luk Vervaet,
ancient enseignant dans les prisons
Dominique Willaert, Victoria Deluxe
Karim Zahidi,
philosophe à l’Université d’Anvers

Didier Reynders, Israël houdt een Belg gevangen, waarom onderneemt u niets?’

Opinie

Gepubliceerd op Knack op 9/10/2018

‘Didier Reynders, Israël houdt een Belg gevangen, waarom onderneemt u niets?’

‘Het engagement van België om op te komen voor de rechten van haar burgers in het buitenland mag niet afhangen van geopolitieke belangen of diplomatieke berekeningen’, schrijft een groep actievoerders aan Didier Reynders. Ze vragen dat ons land werk maakt van de vrijlating van een jonge Belg van Palestijnse oorsprong.

'Didier Reynders, Israël houdt een Belg gevangen, waarom onderneemt u niets?'

Minister van Buitenlandse Zaken Didier Reynders (MR). © Belga

Op maandag 10 september werd Amaya Coppens door de lokale politie gearresteerd in Leon, Nicaragua. Amaya studeert geneeskunde. Ze had zich geëngageerd in de studentenbeweging van 19 april, die het verzet tegen Daniel Ortega op gang trok.

De aanklachten tegen Amaya: terrorisme, het dragen van illegale wapens, brandstichting, ontvoering. Allemaal sterk verworpen door de familie van Amaya. Haar vader stelt dat de beschuldigingen van terrorisme er door de regering worden misbruikt om vreedzaam verzet te breken. Amaya is heel bewogen door ‘strijd tegen onrecht’, vertelt haar vader.

 

Twee dagen na haar ontvoering kwam de minister van Buitenlandse Zaken Didier Reynders in hoogsteigen persoon tussen om te laten weten dat ‘als er geen vruchtbaar contact zou plaatsvinden de komende dagen, hij contact zou nemen met de Nicaraguaanse Minister van Buitenlandse Zaken tijdens de Algemene Vergadering van de VN’. Dat is inderdaad wat hij gedaan heeft, nadat het consulaat toelating had gegeven voor een ontmoeting tussen Amaya en haar vader. Die ontmoeting was kort, maar zal een enorme opluchting geweest zijn voor Amaya.

Op dit moment is het nog onzeker wat met Amaya zal gebeuren, maar vicepremier minister Reynders heeft voorbije vrijdag verklaard dat ‘indien de verklaringen die hem werden gedaan correct waren, zou Amaya eerstdaags vrijgelaten moeten worden‘.

Mustapha Awad

Mustapha Awad © .

Mustapha Awad werd op 19 juli gearresteerd door de Israëlische strijdkrachten aan de Jordaans-Palestijnse grens, na urenlange ondervraging. Hij wilde zijn thuisland bezoeken. Deze jonge artiest en Belgische arbeider van Palestijnse origine wordt beschuldigd van terrorisme door de Israëlische staat, terwijl hij nog nooit eerder een stap heeft gezet in Palestina of Israël. Gedurende lange tijd was het niet duidelijk wat de aanklacht was. Pas na enkele weken werd Mustapha zelf op de hoogte gesteld.

Hij onderging ook een slechte behandeling. Mustapha kon zijn advocaat en de consul pas zien twintig dagen na zijn arrestatie. De consul heeft hem slechts twee bezoeken kunnen brengen. Al het contact met zijn familie wordt geweigerd, volgens de Israëlische justitie zogezegd om ‘veiligheidsredenen’.

Onze minister van Buitenlandse Zaken blijft stil over de zaak Mustapha. We wachten nog steeds op een officieel standpunt waarin hij de behandeling van Mustapha veroordeelt. Gezien de onduidelijke omstandigheden van zijn arrestatie, en de onwettige ondervragingspraktijken die op hem worden toegepast, moet zijn onmiddellijke vrijlating worden geëist.

Amaya heeft de dubbele nationaliteit: Belgisch-Nicaraguaans. Dat maakt de diplomatieke stappen voor haar vrijlating voor ons land moeilijker. Mustapha is Belg. Israël houdt een buitenlander vast in zijn gevangenis. Indien de Belgische diplomatie, meer bepaald haar leider, niet even vastberaden reageert, hebben wij toch allen het recht te weten waarom iemand die in het buitenland willekeurig gearresteerd wordt geen steun krijgt van de Belgische overheid. Dit is een gevaarlijk precedent dat we niet kunnen aanvaarden.

Amaya en Mustapha. Twee Belgen in gelijkaardige situaties, maar de ene is blijkbaar belangrijker dan de andere voor onze diplomatieke diensten. Loyaal en zelfs voorbeeldig in het ene geval, gebrekking en bijna onbestaand in het ander geval. We hebben het recht te vragen dat Belgische burgers op gelijke manier behandeld worden, binnen en buiten onze landsgrenzen.

Het engagement van België om op te komen voor de rechten van haar burgers in het buitenland mag niet afhangen van geopolitieke belangen of diplomatieke berekeningen gelinkt aan het land in kwestie, in dit geval Nicaragua of Israël. We vragen aan onze minister van Buitenlandse Zaken Didier Reynders om zich publiekelijk uit te spreken voor de rechten en de vrijlating van Mustapha bij de Israëlische overheid, zoals hij gedaan heeft bij Amaya bij de Nicaraguaanse overheid.

Ondertekenaars:

Alexis Deswaef, advocaat bij de Brusselse balie en erevoorzitter van de Liga voor Mensenrechten.

Herman De Ley, professor emeritus aan de Universiteit van Gent.

Claude Veraart, professor emeritus, UCL

Luk Vervaet, voormalig lesgever in de gevangenis

Marc David, professor emeritus Universiteit Antwerpen

Michel Gevers, professor emeritus aan UCLouvain

Paul Lootens, voormalig voorzitter van de Algemene Centrale van het ABVV

Marc Jacquemain, professor aan de Universiteit van Luik

Fabrice Eeklaer, secretaris ACV Charleroi-Samber & Maas

Serge Deruette, professor politieke wetenschappen aan de Universiteit van Mons

Frédéric Ligot, politiek secretaris van de Mouvement Ouvrier Chrétien

Marc Lenaerts, professor aan de ULB en aan de Academie van Schone Kunsten van Brussel

Gwenaelle Grovonius, volksvertegenwoordiger en gemeenteraadslid PS Namen

David Jamar, sociologe UMons

Marc Abramowicz, oprichter van het centrum Aimer aan de ULB Pierre Gillis, professor aan de UMons

Mejed Hamzaoui, voorzitter van de richting Master In arbeidswetenschappen aan de ULB

Lieven De Cauter, filosoof, kunsthistoricus en schrijver, RITCS, & department Architectuur KULeuven

Johannes Blum, gepensioneerd leerkracht

Xavier May, onderzoeker aan de ULB

Mateo Alaluf, ereprofessor ULB

Jos Beni, ereprofessor

Dirk Tuypens, acteur

Véronique Vercheval, fotografe

Jean-Marie Dermagne, advocaat en voormalig stafhouder in Louvain-la-Neuve

Dirk Van der Maelen, Voorzitter Commissie Buitenlandse Zaken, kamerlid SP.A

Paul Delmotte, professor op pensioen aan IHECS, Brussel

Gregorio Carboni Maestri, coördinator gastcolleges UCLouvain; onderwijzer in de architectuur aan ULB

Charles Ducal, schrijver

Madeline Lutjeharms, professor doctor emeritus, VUB

Jean Bricmont, professor emeritus van de UCL.

Pierre Galand, voormalig senator

Ludo De Brabander, woordvoerder Vrede vzw

Johan Grimonprez, artiest en filmmaker

Karel Arnaut, professor antropologie aan de KU Leuven

Wouter Hillaert, journalist en co-woordvoerder Hart boven Hard

Erik Vlaminck, auteur, voorzitter PEN-Vlaanderen

Ludo Abicht, filosoof en professor U Antwerpen

Jan Orbie, directeur Centre for EU Studies (CEUS), departement Politieke Wetenschappen Ugent

Kristien Hemmerechts, schrijfster

Dominique Willaert, Victoria Deluxe

Karim Zahidi, filosoof Universiteit Antwerpen

Rudy Doom, professor doctor emeritus Ugent

Lucie Cauwe, journaliste

France Blanmailland, advocate

Francine Bolle, conferentiemeester ULB Fabienne Brion, professor recht aan de UCL

Marie-Christine Closon, professor emeritus UCL

Michel Collon, auteur

Hélène Crokart, advocate

Serge Deruette, professor politieke wetenschappen aan de Universiteit van Mons

Baudouin Dupret, CNRS/UCLouvain

Belle mobilisation pour Mustapha Awad à ManiFiesta

Une équipe motivée d’une vingtaine d’ami.e.s de Mustapha Awad a accueilli ce WE les participants de ManiFiesta dans la tente « Free Mustapha » « Boycott Israël » pour demander la solidarité pour Mustapha, détenu en Israël depuis le 19 juillet.

Des centaines de personnes ont signé la pétition, parmi lesquelles 11 organisations belges, 6 organisations internationales et de nombreuses personnalités, d’ici et d’ailleurs. Des dizaines et des dizaines de personnes ont accepté d’être photographié avec l’affiche.

Quand Raj’een danse pour Mustapha

Le groupe de danses palestiniennes traditionnelles Raj’een Dabkeh Group, dont Mustapha est cofondateur, s’est produit le samedi et, le dimanche, Rana et Basel ont répété l’opération. Leurs performances ont contribué fortement à la collecte d’argent.

1.029,05 euros, c’est le formidable résultat de la collecte et de la vente d’artisanat pour payer la défense juridique de Mustapha en Israël (dont le coût est de 15.000 €).
C’est aussi le résultat du soutien et de la générosité de centaines de sympathisants solidaires qui réclament la libération de Mustapha.

Mustapha est un travailleur, le mouvement ouvrier le défend

La FGTB de Charleroi, solidaire avec Mustapha

Mustapha, métallo, travaille à Volvo Gand. Après les signatures récentes de la CSC Charleroi-Sambre & Meuse, du MOC Charleroi-Thuin, de la FGTB/ABVV nationale, de la FGTB wallonne, de Vie Féminine, de la JOC, les représentants de la Centrale Générale de la FGTB et de la FGTB Métal de Charleroi, ainsi que la LBC – NVK (l’équivalent de la CNE-GNC) ont également posé leur signature. Plusieurs autres syndicalistes se sont fait prendre en photo pour réclamer la libération de Mustapha.

Et si Mustapha était détenu en Iran ?

Le cinéaste et écrivain Eyal Sivan pour la libération de Mustapha

Eyal Sivan, cinéaste et écrivain israélien, qui suit depuis la France ce qui se passe avec Mustapha, nous livre le commentaire suivant :

« Avec cette arrestation, les Israéliens « testent » jusqu’où ils peuvent aller avant que la Belgique n’intervienne. »

Mustapha, né dans un camp de réfugiés au Liban, est venu en Belgique en tant que réfugié et a obtenu la nationalité belge.

Il reçoit une assistance consulaire mais, comme le disait Alexis Deswaef, mandaté par la Ligue des Droits de l’Homme pour accompagner le Comité Free Mustapha, dans une interview à la RTBF : 

Anne Morelli, ancienne professeure de l’Université libre de Bruxelles et historienne belge, spécialisée dans l’histoire des religions et des minorités

« La moindre des choses, c’est que la Belgique obtienne de la part des autorités israéliennes des explications sur les motifs de cette arrestation, et de cette détention.

Et que des comptes soient rendus par rapport à ce qui nous revient comme conditions d’interrogatoire : plus d’une vingtaine d’heures d’auditions, privation de sommeil et de nourriture, mauvais traitements… Ce sont clairement des traitements inhumains équivalents à la torture, et il est absolument inacceptable que les autorités israéliennes agissent de la sorte avec un ressortissant belge.

C’est là que les autorités belges doivent faire tout le nécessaire pour mettre fin à ces violations des droits humains , et pour obtenir la libération de Mustapha Awad. »

Merci à toute l’équipe

Le Comité Free Mustapha a fait un superbe travail dans et autour de la tente « Free Mustapha » « Boycott Israël »:  merci à Abdellah, Carmen, Christophe, Franca, Isabelle, Jean-Claude, Fotoula, Krishna, Mélanie, Mohammed, Linda, Marie, Marie-Claire, Rana, Ria, Sandra, Stelio, Yamina, Yvette…

En parallèle, la Communauté palestinienne, intal, ABP, Palestina Solidariteit faisaient campagne dans leur propre tente, et plusieurs autres organisations affichaient la photo de Mustapha à leur stand.

Merci à tou.te.s ! Free Mustapha !!!


Photo à la une : Fatiha Dahmani, secrétaire syndicale de LBC-NVK

EEN STAND « FREE MUSTAPHA » OP MANIFIESTA

Het was altijd een genoegen Mustapha Awad te ontmoeten op ManiFiesta de afgelopen jaren.

Als lid en mede-oprichter van de Raj’een Dabkeh Group trad hij er op als danser en hield er een stand naast die van « Boycott Israël ».

Dit jaar zal Mustapha niet aanwezig zijn. Op 19 juli werd hij door de Israëlische autoriteiten aangehouden aan de grens van Jordanië met Palestina en wordt sindsdien gevangen gehouden in Israël.

Het « Plate-Forme Charleroi-Palestine » heeft beslist om haar tent « Boycott Israel » om te vormen tot een « Free Mustapha » tent.

Wij zullen er Samidoun, het solidariteitsnetwerk  met de Palestijnse gevangenen en het Comité Free Mustapha verwelkomen.

In de tent zal u eveneens keffiehs, stickers, brochures voor de BDS campagne en andere solidariteitsproducten aantreffen.

MAAR U KAN ER VOORAL ACTIE ONDERNEMEN VOOR MUSTAPHA!

– u kan er de petitie tekenen voor zijn vrijlating

– u kan zich laten fotograferen met een affiche « Free Mustapha »

– u kan bijdragen aan de collecte voor het betalen van zijn advocaten

– u kan ook een meer actieve rol spelen door één of twee uur de permanentie te verzekeren van de stand

WELKOM! MARHABA!